jeudi 12 novembre 2009
Ce qui a changé depuis le rachat d'Urchin par Google : pourquoi le modèle Google s'essoufle ?
Par François :: Web Analytics
Plusieurs points ont en effet été changés "silencieusement" depuis le rachat, un constat assez noir pour l'industrie web :
1) La technologie d'Urchin a été remplacée presque intégralement et souffre d'un manque d'évolution, notamment celle de reconnaissance d'URL unique et de session UTM dont Google ne parle même plus. Il semble qu'Urchin a travaillé beaucoup l'aspect session, cookie, type de fichier effectivement chargé à 100% par le serveur. Probablement exit dans le code aussi pour intégrer les cookies de session globaux. Dans le même ordre d'esprit, plusieurs applications rachetées ne semblent plus évoluer du tout où surprennent parfois. Avec FeedBurner, des dizaines de milliers de personnes ont dû passer sans avertissement par une pénible procédure de déménagement des flux RSS sous peine de destruction et déréfencement. Enfin, les comparaisons entre Urchin et Google Analytics donnent des résultats différents.
2) Le développement de la certification : il faut être certifié par Google pour prouver son talent. Un brin désuet à l'heure du web, mais surtout irrespectueux de millions de personnes (dont techniciens, emarketers) qui ont construit le web en s'adaptant tant bien que mal à tous les caprices de Microsoft, puis Google, avec une documentation se résumant à 2 pages en anglais : il n'existait rien pas même un brin d'indice en 2001 à part Abondance en SEO. En gros, la marque établit des standards que les autres doivent suivre, parfois deviner.
3) Google n'a plus de vocation concernant la petite entreprise, la marque développe une stratégie avancée de "maillage" ou "encerclage" opportuniste. Une bien belle expression mais qui marque un développement tous azimuts en mode projet, malgré le chalet design. J'ai beau chercher, je n'y vois aucun signe de balbutiement de forme de management ni de développement de l'individu.
4) Urchin était une application web "légère" de web analytics très en avance, Analytics est une application principalement d'analyse interne centrée sur les offres de Google. "La marque a donc sauté le pas de sa propre nuée", ne sachant plus vraiment pourquoi ni comment il rachète des entreprises, à part pour les recentrer sur le reste du groupe. Exemple type : créer des segments ou filtres sous GA est une corvée par rapport à Urchin ou ceci prenait 30 secondes. D'où une profusion de posts dans la blogosphère pour expliquer une fonction centrale, qui était simplissime avant. Et si l'on prend la documentation (parfois spartiate), c'est un peu dur. La communication a progressé, mais peu. Autre exemple, la dernière innovation de FeedBurner est : ... l'intégration avec Adsense, puis maintenant Analytics.
Une stratégie qui ne paiera pas à long-terme quand les investisseurs aligneront les ratios de Google et son support client légendaire sur celles des concurrents présents ou futurs (moins de X Chiffre d'Affaires : pas de réponse du tout, dont ils devraient -presque- se féliciter si l'on en croit certains --> ce modèle est en passe de s'essoufler). Les comparaisons sont toujours flatteuses en chiffres mais manquent d'un aspect crucial : c'est maintenant une sorte de monopole à extension, très performant, difficile à surclasser car sa force de frappe intervient au format des tendances majeures du web. Mais ce développement se fait au prix d'une politique de rachat et on se demande quelque peu si la croissance interne est possible au vu des tendances récentes majeures, toutes issues d'autres acteurs. A part Wave s'il s'impose, je ne vois pas d'innovation majeure depuis des années. Et me demande si les offres peuvent être à la fois plus articulées, et plus claires.
En conclusion, ne comptez pas autant sur Google que votre propre intelligence sur vos constats pratiques, pour collecter et agréger les dernières tendances gratuitement (search) que pour vos stats (web analytics). Car certains outils ne connaissent pratiquement plus aucune évolution, depuis le rachat par Google. On dénote aussi une tendance aux API payantes ou au quota également, voire assez limitées. Ce qui ouvre un boulevard à la communauté Open-Source, entre autres.
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